« Un parti politique peut il être coopératif? »
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Suite au succès de la liste « Europe écologie » aux élections européennes de 2009, un appel au lancement d’une coopérative politique avait été lancé par le 22 mars 2010 par Daniel Cohn Bendit, soit  symboliquement 41 ans après son appel du 22 mars 68.

Cette coopérative fut créée officiellement en novembre 2010, après d’âpres négociations avec le parti des verts, pour fonder un mouvement politique comprenant un parti à structure pyramidale, et une coopérative à structure horizontale. En 2013, Daniel Cohn Bendit,  dans son livre « Pour supprimer les partis politiques !? * » faisait un retour sur l’expérimentation en cours, en la resituant dans une vision à long terme, dont est extrait le texte ci dessous.

A cette date, le réseau coopératif EELV expérimentait son organisation coopérative, avec le soutien d’une partie des membres du parti EELV qui suivaient avec intérêt son émergence dans l’univers politique. C’est en juin 2016, suite à la ratification des nouveaux statuts du Mouvement EELV, que l’organisation du réseau coopératif EELV s’est stabilisée, à travers la ratification de son règlement intérieur. Trente mois plus tard, la structure coopérative d’EELV tirera un bilan de son fonctionnement lors de sa rencontre annuelle qui se tiendra les 26 et 27 janvier. Elle propose son expérience unique pour faire évoluer  l’écologie politique en crise, comme la majorité des structures politiques en France. C’est dans cette démarche qu’elle participe à un collectif autour de Patrick Viveret, à une réflexion sur les alternatives possibles aux logiques de politiques compétitives. Elle participe aussi activement aux assises de l’écologie et des solidarités, qui regroupe une vingtaine de structures politiques pour imaginer un nouvel espace de l’écologie politique. Enfin, à travers l’Agora du Mouvement EELV, elle dialogue avec des représentants du parti EELV pour proposer des évolutions au Mouvement EELV.

Notre expérience de structure coopérative en politique est donc à un tournant majeur en 2019, qui pourrait aboutir à l’émergence d’une innovation pour l’écologie politique. A suivre ….

Denis Guenneau

Coopérateur EELV IDF

 

Appel pour une coopérative politique.

 

…. le 22 mars 2010, j’ai appelé à la formation d’une « Coopérative politique », à l’ouverture d’un espace autonome dans le paysage politique français. J’ai lancé cet appel face à l’incurie des partis politiques incapables de penser et d’accompagner le changement social, encore moins d’y contribuer. Nous avons besoin urgemment d’un nouveau mode d’organisation, capable de penser et de conduire une transformation sociale en phase avec la société de la connaissance. …

 

Pour éviter tout centralisme antidémocratique, cette coopérative s’appuierait sur les collectifs « Europe Écologie du 22 mars », constitués à un niveau régional ou local. On tiendrait là l’armature de véritables agoras de l’écologie. Bien sûr, nous respecterions le principe de la double appartenance pour les associatifs, les syndicalistes, y compris ceux encartés dans un parti politique. L’enjeu de maturité d’Europe Écologie, c’est sa métamorphose en véritable sujet collectif autonome, par delà les vieilles cultures politiques. Chacun pourrait mesurer son degré d’implication dans le temps. Au moment de choisir les candidats à des élections – présidentielles, législatives, municipales – les membres actifs de la Coopérative, à tous les niveaux, pourraient voter par Internet ou par correspondance. Nous pourrions envisager des formes d’équilibre en fonction du stade d’avancement ; à partir par exemple, d’une base composée pour un tiers de personnalités d’ouverture. Cela provoquerait une mutation progressive de la culture politique des écologistes, s’affirmant toujours plus dans une ouverture permanente répondant à l’idéal de la « société ouverte ».

 

Mais ce qui est clair, c’est qu’il serait absurde de continuer à mesurer le degré d’implication en fonction du temps gagné, perdu, ou passé dans une réunion de militants à l’intérieur d’une salle. Ce qui doit prévaloir, c’est la volonté de favoriser un rassemblement au sein duquel primera la volonté de construire un « bien commun ».

 

* extraits du livre « Pour supprimer les partis politiques !? » publié aux éditions Indigènes chez Harmonia Mundi.

3 réflexions au sujet de “« Un parti politique peut il être coopératif? »

  1. BONJOUR,
    Merci de m’envoyer un mail je vous dirais comment procéder, pour être en relation avec des coopérateurs de Montreuil, ou proche de cette commune.
    Bien à vous
    Denis Guenneau

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