Le genre neutre : l’expression des communs
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A propos de la sortie de la Grammaire du français inclusif, aux Editions Vent Solars, par Alpheratz.

Il est bien connu que les anges n’ont pas de sexe, comme toutes les images civilisationnelles qui se cachent derrière les mots asexués. Les parents n’ont pas de sexe, à la différence du père et de la mère.

Quand on parle de ses parents et parentes, il est plus élégant et facile de parler de « parenz ».

Ensuite, les mots sont chargés de sens et sont le reflet d’une construction civilisationnelle. On peut difficilement changer de société sans changer les paramètres qui constituent le sociétal.

Je reprendrai un exemple que j’ai déjà évoqué : au début il y avait un fils et une fille, puis en grandissant celui qui s’émancipe devient un garçon, celle qui ne s’émancipe pas reste une fille jusqu’à sa majorité et, gare à elle, si elle tente de s’émanciper, elle devient une garce… Un homme et une femme qui se marient, l’homme obtient un statut social, il est le mari, la femme reste femme.

De plus, ce genre neutre qui s’applique au collectif et non à l’individu présente en effet l’intérêt de donner un sens au Commun et de participer à la construction d’une société où l’individu, autonome et reconnu, participe au collectif indispensable à une société de coopération. Ce genre neutre porte une révolte qui ne détruit pas les individus mais permet de donner une légitimité à l’action coopérative. Notre gouvernement ne s’est pas trompé en réagissant violemment contre ses zadistes à Notre-Dame-des-Landes, pleinement individus et qui voulaient ne s’appeler que Camille et s’organiser collectivement. Empêcher de nommer le collectif est une violence symbolique permettant d’assoir l’autorité. On retrouve la même chose avec la voiture qui ne peut avoir qu’un propriétaire, de manière à mieux la « fliquer », alors qu’un bateau, encore symbole de liberté, peut être une simple propriété collective.

Pour finir, le changement climatique est le résultat d’une construction civilisationnelle, et le langage en est le reflet, et sa prise en compte n’est pas une affaire singulière d’expert, même si leur avis est intéressant. Il n’est pas compliqué de « réfléchir neutre » et dire qu’en tant qu’humain ce qui est important est de vivre en tenant compte de l’autre, de la nature et des générations futures, et de passer toutes nos décisions à l’aune de ces trois filtres, en s’aidant bien entendu d’expertises. Dans ce cas, on est dans le cadre de l’écologie politique, qui applique une démarche environnementaliste. Quand l’expertise et son langage priment comme un équilibre systémique, dont le périmètre est obligatoirement subjectif, on est simplement dans un environnementalisme mortifère. Quand l’expertise et son langage, détachés du commun, revendiquent et tentent d’installer un équilibre systémique, dont le périmètre n’est jamais neutre et obligatoirement subjectif, on peut être séduit par un environnementalisme inhumain. Quand l’expertise et son langage, détachés du commun, revendiquent et tentent d’installer un équilibre systémique, dont le périmètre n’est jamais neutre et obligatoirement subjectif, on peut être séduit par un environnementalisme inhumain.

Christian Olive,

Coopérateur EELV

Languedoc-Roussillon

3 réflexions au sujet de “Le genre neutre : l’expression des communs

  1. Je dois être bien bête, plutôt fortement même, car, malgré plusieurs lectures, je ne saisis pas l’objectif du propos : sororité, lorsque tu nous tiens !

    1. Bonjour
      Je suis désolé de ne pas avoir mieux su faire passer une idée qui me tient à cœur.
      Dans votre message je trouve peut être la clé d’une lecture éloigné de mon propos et qui justifierai que vous n’êtes pas « bête » comme vous le dites et par retour moi non plus mais que simplement nous sommes sur deux débats différents. L’utilisation du mot « sororité » me semble en être la clé.
      Cette nouvelle « grammaire » se veut être neutre et inclusive. Même si la démarche inclusive peut être une conséquence de cet approche du neutre cela ne me semble pas politiquement le plus important.
      Par contre la nécessité presque impérative d’introduire le « neutre » dans nos échanges est un vrai combat politique, puisqu’il s’adresse directement aux périmètres du commun et que l’on ne peu envisager une administration du commun sans un langage qui va avec.
      Toutes notre culture sociétale, et cela depuis des siècles, est faite pour conforter l’individualisme et la singularité excluante qui nient la nécessaire interdépendance entre humains, avec la nature et les générations futures. Le commun est le fruit de cette dépendance. Dans ce contexte pour aboutir à une société « horizontale », plus proche du collectif que de l’autoritarisme imposé de l’écocitoyenneté, l’individu doit cultiver son libre arbitre et pour cela « savoir dire »… ne pas nommer c’est déjà empêcher d’exister.

  2. Bonjour
    Je suis désolé de ne pas avoir mieux su faire passer une idée qui me tient à cœur.
    Dans votre message je trouve peut être la clé d’une lecture éloigné de mon propos et qui justifierai que vous n’êtes pas « bête » comme vous le dites et par retour moi non plus mais que simplement nous sommes sur deux débats différents. L’utilisation du mot « sororité » me semble en être la clé.
    Cette nouvelle « grammaire » se veut être neutre et inclusive. Même si la démarche inclusive peut être une conséquence de cet approche du neutre cela ne me semble pas politiquement le plus important.
    Par contre la nécessité presque impérative d’introduire le « neutre » dans nos échanges est un vrai combat politique, puisqu’il s’adresse directement aux périmètres du commun et que l’on ne peu envisager une administration du commun sans un langage qui va avec.
    Toutes notre culture sociétale, et cela depuis des siècles, est faite pour conforter l’individualisme et la singularité excluante qui nient la nécessaire interdépendance entre humains, avec la nature et les générations futures. Le commun est le fruit de cette dépendance. Dans ce contexte pour aboutir à une société « horizontale », plus proche du collectif que de l’autoritarisme imposé de l’écocitoyenneté, l’individu doit cultiver son libre arbitre et pour cela « savoir dire »… ne pas nommer c’est déjà empêcher d’exister.

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