Nicolas Hulot et les unions sacrées.
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La parole de Nicolas Hulot était d’or, cet été, lorsqu’il déclarait: « On ne peut y arriver que s’il y a une union sacrée ».

S’il y eut une union sacrée hier, c’est celle qui eut sa peau. Au gouvernement bien sûr, non pas derrière Stéphane Travert, comme on le lit partout, mais derrière Bruno Le Maire, autrement dangereux pour la cause écologiste globale : adepte de la croissance carbonée et du nucléaire, farouchement réfractaire au principe de précaution et à l’écologie « punitive ». A l’Assemblée également, où le groupe LREM l’a souvent lâché. Du côté des lobbies, dont il faudra cesser de brandir l’importance : pour un gouvernement, céder à certains lobbies n’est rien d’autre qu’un acte, un choix politique, ou un privilège donné aux liens occultes entre copains-coquins qui ont fait leurs études ensemble, ce qui revient au même. Et, enfin, dans les arbitrages en faveur du long terme, dans un profond mépris de l’urgence, en se réclamant fièrement de l’écologie « des petits pas », celle des décisions à l’horizon 2030 ou 2040 ; et quand l’horizon n’est que de trois ans comme pour le glyphosate, ce n’est nullement pour permettre aux agriculteurs d’adapter leurs systèmes de production, puisque les solutions sont prêtes, c’est pour permettre à l’agrochimie de tester ses nouvelles molécules.

S’il y a une union sacrée nécessaire aujourd’hui, elle est électorale et en bien mauvaise posture. Face aux enjeux des Européennes et des autres élections à venir, il n’est plus acceptable que des partis affichant une vocation écologiste partent en ordre dispersé et affichent leur compétition et leurs scores dérisoires. 63 000 adhérents chez les Grünen allemands, qui se veulent ni de gauche ni de droite mais simplement écologistes, ça peut faire rougir d’envie EELV et ses membres vingt fois moins nombreux, non ? Pourquoi ne pas faire de cette unité, sinon un modèle, du moins une ligne de conduite ? N’y a t-il pas un socle commun de propositions sur lesquelles s’entendre au delà des plans A et B européens ? Un socle fait de lutte contre le changement climatique, contre l’épuisement accéléré des ressources, contre le recul de la biodiversité, contre la dégradation de l’alimentation et de la santé pour raisons environnementales, contre le fossé croissant des inégalités sociales. Ou bien (faisons pour une fois de « l’écologie positive », on nous le demande si souvent) fait de lutte pour une économie dé-carbonée, sobre, équitable et riche en emplois.

S’il y a une union sacrée ardemment souhaitée pour demain, elle est citoyenne et pourrait être massive. La preuve en est apportée par le renoncement d’Hulot : tant que les majorités politiques ne seront pas renversées, ce sont les citoyens qui feront avancer l’écologie. Les citoyens et leurs formes nouvelles d’engagement. Les citoyens par leur mode de vie, par leurs initiatives individuelles, par l’alliance de la société civile à travers le monde associatif, mouvementiste, coopératif. Il faut rassembler les initiatives, amplifier la pédagogie, mobiliser plus de citoyens, forger des solidarités, expérimenter des solutions nouvelles.(1) Pour obtenir enfin cette majorité culturelle et sociétale en faveur de l’écologie qu’Hulot appelait de ses vœux. Pour laquelle il pourrait efficacement s’engager dans sa nouvelle vie. Et pour laquelle nous devons nous, coopératrices, coopérateurs, œuvrer sans relâche. C’est précisément dans ce sens que nous participons activement au Comité de pilotage des Assises de l’écologie et des solidarités : identifier un socle commun de propositions et définir un nouvel espace de l’écologie politique pour porter ces propositions !

Patrick Salez

Coopérateur EELV

Poitou-Charentes

(1) C’est toute l’ambition des Assises de la transition écologique et citoyenne qui se tiendront à Nice du 29 octobre au 2 novembre : montrer que les solutions existent et l’on peut agir très directement et rapidement autour de soi, dans toutes sortes de domaines :  https://at06.eu/

2 réflexions au sujet de “Nicolas Hulot et les unions sacrées.

  1. ‘est sympath de faire les Assises de la transition écologique et citoyenne qui se tiendront à Nice !!!!
    Quand habite en Bretagne, bonjour l’emprunte écologique pour y aller!!
    Choisir Poitiers ou Orléans aurait été mieux centré pour tout le monde …
    Je n’irai pas .

    1. Bonjour, Je vous invite à aller sur le site de l’évènement. Vous verrez qu’il s’agit d’une initiative locale, concernant les Alpes du Sud (Alpes Maritimes, Alpes de Haute-Provence, Hautes-Alpes) et les départements limitrophes (incluant pour certains sujets le reste de PACA). Cet évènement a mobilisé l’Université de la Côte d’Azur et un collectif d’associations qui prépare cet évènement depuis plus d’un an. Pourquoi pas faire quelque chose d’analogue en Bretagne ?

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