Des murs « contre » ou une peau « avec »
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Les parois extérieures d’une construction peuvent être constituées par des murs ou par une peau, une barrière ou une régulation, une protection ou une transition.

On retrouve ce clivage dans le système constructif utilisé. Le mur se construit plutôt en empilant des blocs souvent issus d’une matière première de stock extraite du sol. Il porte la paroi servant de couverture et de toit. Il est fait pour être statique et inerte. Il porte en lui toute la symbolique de la résistance à un changement d’état. La société qui favorise l’émergence de l’individu heureux par l’empilement de marqueurs de richesses ne s’y est pas trompée en plébiscitant une histoire ou les petits cochons sont sauvés et triomphent grâce à une maison avec un mur en brique. Dans le même esprit, les constructions en paille aux États-Unis sont principalement des maisons où l’on empile des bottes qui portent le toit –comment penser autrement ? – avec toutes les difficultés structurelles que cela comporte.

En revanche, la peau d’une habitation est une paroi extérieure qui ne porte pas la construction ; celle-ci est charpentée, portée et stabilisée par une structure ou une ossature comme un système de poteaux-poutres ou une structure tendue… C’est le squelette de l’habitation. L’inertie structurelle de la maison est active, pour imager le propos, et, toute proportion gardée, elle plie mais ne rompt pas.

La paroi elle-même vient envelopper ce squelette en s’appuyant sur lui ; débarrassée des contraintes liées aux parois porteuses, elle peut être consacrée pleinement aux fonctions de protection et de régulation thermique contre le froid et le chaud, à l’équilibrage des tensions de vapeur entre l’intérieur et l’extérieur, à la performance au service du confort des apports de chaleur solaire ; elle peut aussi prendre en compte plus facilement d’autre conforts comme l’acoustique. Elle est vivante et presque totalement constituée d’une matière première de flux, renouvelable, biosourcée. La technique de construction en paille ou bien en blocs ou fibres de chanvre en France est assez représentative de cette approche de recherche d’une « inertie dynamique ».

Cette différence de système constructif pour nos habitations peut aussi faire partie d’un choix de société, le « mur » découlant d’une culture statique d’appropriation, la « peau et son squelette » d’une pensée dynamique basée sur l’échange et le partage.

Les écologistes ne s’y tromperont pas, ils ont besoin de la richesse d’une peau et non de la pauvreté d’un mur…, le squelette étant l’individu et l’intelligence collective.

Pour ce début de XXIème siècle, exposé à de violents déséquilibres climatiques mais aussi sociétaux, Marine le Pen et les écologistes environnementalistes ne cherchent pas à nous construire une belle maison.

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