Appel pour la création d’une action collective en vue de construire et faire vivre un indicateur post-croissant
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Cela fait déjà longtemps que nous nous disons, vous aussi sans doute, qu’il n’est pas admissible que chaque journal sur France Inter, pour ne parler que du service public, en tout cas les journaux aux horaires principaux, commence par le cours de la bourse.

Faire de la bourse le temps préalable à l’annonce des nouvelles du monde est une manière d’inscrire culturellement un élément qui fera qu’ensuite notre « pragmatisme » s’appuiera évidemment sur la bonne santé de la bourse.

Nous voudrions lancer une action contre ce fait qui semble aller de soi !

Peut-être pas en demandant de supprimer cette info (tout le monde « y a droit »), mais en demandant que soient présentés avec la même régularité significative, avec la même évidence répétitive, une série de marqueurs de tout ce qui pourrait composer une économie post-croissante.

Comme le CAC40, ce marqueur serait l’agrégation d’éléments mesurés représentatifs. Le projet pourrait porter sur 40 éléments.

– Cette agrégation objectiverait ce qui reste malgré tout subjectif, puisque correspondant à une vision politique. Il serait nécessaire de définir les éléments « les plus forts », en s’appuyant sur une conférence de consensus. La réponse à la question « quels sont les 40 éléments que nous retiendrons année après année ? » deviendrait un rendez vous politique important

– Sur le principe, chaque critère retenu est porté par des associations, collectifs ou mouvements.

– L’indice » n’a pas besoin d’un système d’unités mais, par contre, l’agrégation demande une référence commune, unité ou cotation. Pour expliciter le propos du projet, nous avons choisi « contrainte pour atteindre les jours heureux« , le fameux CAJH, qui reprend les 40 plus grandes contraintes et devient le CAJH40. Plus il descend, meilleurs nous sommes… ça, c’est décroissant.

– Avec ces 40 critères on réalise un tableau de 40 lignes qui va mettre en évidence l’écart entre la situation actuelle et la situation « rêvée ». Par exemple, l’écart entre la puissance installée en éolien, photovoltaïque, hydraulique, etc., et celle préconisée par des experts. Par exemple, pour ce critère, le scénario négaWatt, et on fait de même pour les autres critères. Idem pour l’empreinte écologique : si on consomme 3 planètes et qu’il ne faudrait en consommer que 0,8, l’écart est de 2,2. On obtient ainsi une compilation d’écarts représentatifs que l’on ne peut pas ajouter, puisque, depuis notre enfance, on ne peut pas ajouter des carottes avec des navets.

– Par contre, on peut évaluer chaque écart avec la même cotation, définissant l’importance de cet écart. Cette évaluation est faite annuellement et peut même, si on le veut, se personnaliser hebdomadairement ou journalièrement avec « un outil de commentateur » : pour être dans l’air du temps, cette cotation peut être entre 0 et 5 étoiles pour chaque critère ou noté sur 100, ce qui est plus facile et mettra mieux en évidence les évolutions.

– ensuite on additionne les étoiles ou les notes, sans faire de moyenne et sans appliquer de coefficients.

– Ainsi le commentateur sur France Inter peut commenter une tendance à partir de la mise en évidence d’une variation d’écarts auquel il a accès clairement, grâce à l’utilisation de critères simples d’expression même s’ils sont parfois lourds de conception.

L’idée est de dégager une tendance comme le CAC40 et non de définir une cotation représentative comme l’IDH (Indice de développement humain) porté par l’ONU, où l’agrégation d’indices ne retenant que trois critères oblige à tordre toutes les appréciations pour que cela corresponde à tous les pays.

Quelques idées :

– le pourcentage de CO2 en trop par rapport à ce qu’il faudrait pour garder un climat stable (les tonnes, ça ne dit rien) ou la projection de hausse de température « si on continue »,

– le nombre de personnes sous le seuil de pauvreté en France, ou le nombre de gens qui ont faim dans le monde, ou le nombre d’enfants soumis au travail forcé…,

– le nombre de cancers par an liés à l’environnement (ce qu’on respire et qu’on mange),

– le jour d’après la limite de biocapacité,

– les hectares de forêts primaires détruits,

– le fric détourné de l’impôt par l’optimisation fiscale,

– le nombre de personnes déplacées par la guerre, la famine ou le changement climatique,

– la croissance démographique mondiale et la diminution des terres arables.

Etc, etc.

Voilà… Il faudra trier pour n’en avoir que 40. C’est le travail de la conférence de consensus.

Par contre, il n’y a aucun media qui fera cette démarche de construction : le CAC40 est élaboré par les boursiers et repris par les médias… C’est donc à nous de le faire exister…. beau projet collectif.

Se saisir aujourd’hui de cette opportunité en mettant en évidence 40 critères élaborés par un grand nombre de collectifs et associations me semble une bonne démarche au moment du lancement des Assises.

L’outil est simple et basique sur son principe : c’est une image que nous cherchons. Ensuite, c’est de le faire vivre, en effet, qui est plus compliqué… Cela serait un deuxième temps, mais un temps de travail enthousiasmant.

Je vous engage à mettre un commentaire ou à me contacter si vous avez des idées à proposer ou si vous désirez participer au projet.

Christian OLIVE

Coopérateur EELV

Languedoc-Roussillon

Une réflexion au sujet de “Appel pour la création d’une action collective en vue de construire et faire vivre un indicateur post-croissant

  1. Je soutiens volontiers cette initiative. En parallèle sur les critères à retenir, il faut d’ores et déjà réfléchir à la périodicité de diffusion possible et aux sources auprès desquelles s’approvisionner. Cela ne servirait à rien de retenir des critères dont la mise à jour serait trop difficile ou avec une périodicité insuffisante.
    C’est un projet complètement fou. Bravo.

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